Kabila accuse les ONG de diffuser des informations erronées sur le conflit du Kasaï.
Kabila veut écrire l’histoire à sa façon.
Le
président Joseph Kabila a accusé mardi les groupes internationaux (ONG) et
religieux de "répandre sciemment de fausses informations" sur un
conflit qui a tué des milliers des gens, dont deux experts de l'ONU, au cours
de la dernière année dans la région de Kasaï au centre de la République
démocratique du Congo.
La
violence au Kasaï a éclaté en août 2 016 dernier lorsque chef tribal de
Kamwina Nsapu, qui s'est révolté contre le régime de Kabila, a été tué. Plus de
3 000 personnes sont mortes et 1,4 million de personnes déplacées
depuis, estime l'Église catholique.
Dans un de ces rares discours publics, Kabila, en visite au Kasaï, a dénoncé la "duplicité et l'hypocrisie de certains compatriotes, organisations non gouvernementales internationales et religieuses qui, bien qu'ils aient vu cette tragédie de leurs propres yeux, ayant été victimes dans certains endroits, n'ont pas eu le courage de dénoncer les vrais auteurs ". "Pourquoi ont-ils sciemment choisi la mauvaise information ?" a-t-il ajouté ?
Deux
experts de l'ONU enquêtant sur des fosses communes au Kasaï ont été tués le 12 mars
à Bunkonde. Les autorités congolaises ont affirmé qu'elles étaient victimes de
partisans de Kamuina Nsapu. Quatre suspects sont jugés devant un tribunal
militaire à Kananga, capitale de la région vaste et profondément pauvre.
"Il
ne peut y avoir de paix ou de réconciliation réelle sans justice", a
déclaré Kabila lors de l'ouverture d'un forum de "paix" à Kananga. L’opposition
n’a pas voulu y participer. Toute honte bue, le pyromane Joseph Kabila veut se
faire passer pour un pompier après avoir embrasé le Kasaï.
Enquêtes de l'ONU.
Au
début du mois d'août, les enquêteurs de l'ONU ont documenté plus de 250
exécutions sommaires par des agents de l'État, des milices ou des rebelles au
Kasaï entre mars et juin. Le porte-parole du gouvernement congolais Lambert
Mende a qualifié cette enquête de « sans fondement ».
Un rapport de Radio France International a affirmé la semaine dernière que les deux experts de l'ONU ont été victimes d'une embuscade créée par des agents doubles travaillant pour des services de sécurité de l'État. Un haut fonctionnaire de l'agence de renseignements congolais ANR a condamné le rapport, le qualifiant d’« immoral ».
Pendant
ce temps, onze militants opposés à Kabila ont été arrêtés mardi alors qu'ils
essayaient d'organiser une marche dans le nord-est du pays, a indiqué la
police. Les militants avaient prévu une marche pacifique à Bunia pour marquer
la mort des manifestants tués par les forces de sécurité il y a un an. Plus de
50 personnes sont mortes en protestant contre Kabila les 19 et 20 septembre
2016, selon l'ONU.
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